Puella Magi Madoka Magica the Movie Part III: Rebellion - Long-métrage d'animation (2013)
Puella Magi Madoka Magica the Movie Part III: Rebellion - Long-métrage d'animation (2013)

Long-métrage d'animation de Yukihiro Miyamoto et Akiyuki Shinbo Animation et fantastique 1 h 56 min 26 octobre 2013

Madoka et les autres magical girls sont de nouveau à Mitakihara pour y combattre de nouvelles créatures, les "Nightmares", issues des sentiments négatifs des humains. Aucune d'entre elles ne semble se souvenir de tout ce qui est arrivé auparavant. Cependant, Homura réalise que quelque chose ne va pas.

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Film Puella Magi Madoka Magica the Movie Part III: Rebellion torrent



Alors le voilà.

Puella Magi Madoka Magica : Rebellion, le film qui doit clôturer l'une des séries les plus désespérées de l'histoire de l'animation, une série où tout semblait porter au désespoir suicidaire pour, à la toute fin, sauver l'espérance grâce au sacrifice de son personnage principal.

Ma seconde phrase, quoiqu'elle soit vraie, a surtout été écrite pour attirer du public curieux. Je l'avoue sans remords, parce que je souhaite réellement que tout le monde regarde la série et le film dont il va être question, et comprenne l'ampleur que "Rebellion" a dans l'histoire de l'animation. Un coup monstrueux, dépassant même le génial Evangelion, avec lequel on l'a parfois comparé.

"Rebellion" conclut une série de trois films, les deux premiers reprenant dans son intégralité la trame de la série originelle et se concluant donc sur le sacrifice de Madoka pour sauver le monde des sorcières. Comprendre ce film est donc totalement impossible sans avoir vu les deux épisodes précédents. De même, comprendre la critique que vous avez sous les yeux est totalement impossible sans lire celle que j'ai précédemment écrite sur la série : http://www.senscritique.com/serie/Puella_Magi_Madoka_Magica/critique/19818741. Ce n'est pas de la pub ou de la course aux likes (comme s'il y avait des gens qui faisaient ça...oh, wait.), simplement de la logique.

Voilà, c'est lu ? Parfait. Mais alors si "Puella Magi Madoka Magica" parlait de la souffrance de passer à l'âge adulte, de quoi parle le film qui y met un point final ? La série s'était conclue sur le sacrifice de Madoka, qui redéfinissait alors une nouvelle loi de l'Univers, selon laquelle les Puella Magi ne se transformeraient plus en sorcières. Ce qui correspondait à dire qu'elles ne connaissaient plus l'horreur de passer à l'âge adulte, ce qui est absurde. Il restait donc deux solutions : soit le film allait répondre à cette interrogation, soit cette analyse était complètement fausse. Puisque c'est moi qui écris, vous vous doutez quelle hypothèse, selon moi, est la bonne.

Oui, "Rebellion" met fin à l'imposture de la fin de la série, et ose enfin aller au bout de son idée. Au bout de son désespoir. Et l'idée, dans ce film, est simple : le passage à l'âge adulte se fait dans la douleur, il se fait lors de l'amour.

L'affiche du film représente Hakemi Homura, pas Madoka. Ironique quand le titre indique "Madoka Magica" ? Même pas. Le titre indique aussi Rébellion. L'histoire ne se concentre plus sur Kaname Madoka, la petite fille contactée par Kyuubey pour devenir une Magical Girl. Elle s'intéresse plutôt à l'anti-héroïne, et sur sa rébellion face à une destinée contre laquelle elle a lutté durant toute la série. Pour rappel, durant celle-ci on découvrait que Homura venait d'un autre espace-temps, où Madoka, sombrant dans le désespoir le plus total, s'était transformée en sorcière. Voulant lui éviter cette affreuse destinée, Homura avait remonté le temps pour changer l'histoire. Avait échoué. Avait recommencé. Avait échoué. Encore. Encore. Encore. Encore. Et encore...

Jusqu'au jour où Madoka avait accepté son destin, était devenue Magical Girl et fait le souhait de libérer le monde des sorcières, en le payant de son existence : Madoka se transformait à la fin de la série en entité toute-puissante, en déesse bienveillante fondue dans la nouvelle loi de l'Univers qu'elle avait créé. Elle disparaissait à tout jamais, ne subsistant que dans la souvenir de Homura qui, sans s'en rendre compte, était tombée amoureuse d'elle.

On s'attend donc, au début du film, à assister à une scène où toutes ses amies sont heureuses, sans se souvenir d'elle. A la limite, on attend une équipe incluant une Homura un peu plus triste que les autres.

On ne s'attend sûrement pas à voir Madoka, en chair et en os, combattre les cauchemars des habitants de la ville avec ses amies. On ne s'attend pas à voir Mami vivante, ni Sayaka, ni Charlotte, la sorcière ayant tué Mami, aider celle-ci, on ne s'attend pas à...enfin, d'une, Madoka est censé avoir disparu, de deux, pourquoi les Magical Girl combattent-elles les mauvais rêves quand elles devaient auparavant lutter contre le désespoir du monde ? Questions du spectateur, questions de Homura quand elle découvre ce qui se passe.

Le film est très beau, visuellement époustouflant, mais aussi très compliqué, presque confus. Mais j'aimerais cependant, sans trop spoiler -quoique je ne croie pas que ce soit possible...- tenter de comprendre l ce que veut dire le film, comment il conclut Puella Magi Madoka Magica en l'enfonçant jusqu'au bout dans le désespoir, et, surtout, comment il l'y laisse.

Tout d'abord, le destin n'a pas changé. Les enfants deviennent des adultes, c'est inévitable. Les relations amoureuses entre personnages, qui étaient suggérées tout du long de la série, sont franchement affirmées dans le film. Oui, Sayaka et Kyouko sont en couple. Elles habitent ensemble, se tiennent par la main bien trop souvent pour que ce soit fortuit, et le "elle a des jeux bizarres", ça parle à quelqu'un ? (OUI, c'est un amour homosexuel, spéciale dédicace aux rieurs de la salle - particulièrement remplie de kikoos ce soir d'avant-première, il faut le dire). La...fille, là, et son violoniste, sont en couple aussi, alors que cela n'avait été que suggéré dans la série. Les enfants grandissent, le temps de l'innocence est passéa, alors même que la paix semble régner...

Et puis il y a Madoka et Homura. Tandis qu'Homura découvre l'étendue de la réalité, elle découvre, peu surprise, que depuis le début elle aime Madoka. Ce qui, au travers d'une manipulation de Kyubey, va la faire tomber encore plus profondément dans le désespoir...on en arrive au même point que la série, celui où Homura est toute seule face à sa détresse. Rappelons-nous que dans la série, Madoka l'avait sauvée in extremis, sortant un happy end inattendu vu le ton global de la série.

On respire fort. Ce film est la vraie fin. Pas de plaisanterie ici. Les réponses, la cohérence, enfin, enfin !

...et... et SES AMIES ARRIVENT POUR POUTRER LES MÉCHANTS ET LA SAUVER ? POUVOIR DE l’AMITIÉ ? FLEURS ET PAILLETTES ?

Vous plaisantez, là, pincez-moi, ce n'est pas possible...

A cet instant précis j'ai haï ce film. A tel point que je me suis dit : "mon Dieu, mais, mais ils nous refont la fin affreuse de la série, C'EST PAS POSSIBLE JE VAIS LES BUTER, UN HAPPY END C'EST TOTALEMENT ABSURDE !"J'ai pensé à SensCritique (ce qui n'est jamais bon signe quand c'est au milieu d'un film) et je me suis dit que j'allais mettre un 1 à l'ensemble, même si jusqu'à présent c'était visuellement génial et particulièrement bien mené, et que j'allais désormais cracher jusqu'à ma mort sur les japoniaiseries.

ET MADOKA DESCEND DU CIEL POUR SAUVER HOMURA ? WUT ?

Elle lui tend la main pour la relever, un sourire empreint de bonté sur le visage ? Seigneur Dieu...

Toute la salle riait, et moi j'étais affreusement gêné pour ce film, qui commençait si bien, avec une telle cohérence et se terminait si mal, dans l'absurde niais et fleuri.

Et....

...

Ah.

Non.

Non...

Je...

Ils...ils n'ont pas fait CA ?

...

J'ai hurlé (dans ma tête tout de même, parce qu'il y avait mes voisins de siège), j'ai hurlé face au génie total de ce film qui a poussé jusqu'à son paroxysme l'audace de la série originelle, à savoir casser les codes de la façon la plus méthodique qui soit.

Je pourrais faire le choix de vous spoiler de la façon la plus aveugle, la plus brutale, la plus méchante possible. J'en ai envie, mais je ne le ferai pas. (quoique...) Sachez seulement qu'il se fait, le passage à l'âge adulte. Dans la douleur, dans une scène qui n'est pas sans rappeler la scène finale de "The End of Evangelion" : un viol. Symbolique, certes, comme dans End of Evangelion, mais tout de même un viol, traduisant le fait que le personnage, conformément à la symbolique de la sorcière, est bien devenu adulte, avec les désirs et les frustrations que cela implique.

"Arrête, tu vas me déchirer !"

Dois-je traduire ?

Alors que s'écoulent les minutes, le noir fait son oeuvre, le désespoir se poursuit, et on comprend que cette fois, rien ne viendra le stopper. Il tourne à vide, en boucle, sans rien pour l'arrêter, sans rien pour en sortir, comme le symbolise le monde clos du début du film. La souffrance est un cycle qui ne se stoppe pas. Et Puella Magi Madoka Magica s'enfonce dans le néant : on devient tous adultes, et les rêves meurent.

Ensuite, est-ce une si mauvaise chose ? Non, bien sûr que non, être un adulte, ce n'est pas si mal. La fin n'a rien de manichéenne, traduisant plus une résignation qu'autre chose, alors que le combat se finit mal (comment pouvait-il être gagné ?) et que pourtant le monde ne change pas. Qui a dit que devenir grand, c'était la fin du monde ?

Pourtant, il en reste la tristesse de Madoka, qui se demande ce qui lui manque, et qui recherche encore naïvement, sans pouvoir s'en souvenir, ce qui lui a été ôté.

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Ainsi se termine, tristement, "Rebellion", et, avec lui, Puella Magi Madoka Magica. Le générique défile à l'écran. Mais ne partez pas ! Restez encore.

Les derniers noms glissent puis, surprise, les lumières se réteignent, le film reprend.

La nuit. Homura est seule dans un champ de fleurs mortes au bord d'une falaise. Au-dessus d'elle, la lune coupée en deux. A quelques mètres gît la dépouille de Kyuubey.

Homura fait quelques pas vers le gouffre qui s'étale sous ses yeux. Ironie, j'avais appelé, il y a quelques mois, ma critique de la série "Au bord du gouffre". Homura s'arrête, se penche. Tombe, dans ce gouffre sans fond.

Rideau.