Je suis un soldat - Film (2015)
Je suis un soldat - Film (2015)

Film de Laurent Larivière Drame 1 h 37 min 18 novembre 2015

Sandrine, trente ans, est obligée de retourner vivre chez sa mère à Roubaix. Sans emploi, elle accepte de travailler pour son oncle dans un chenil qui s’avère être la plaque tournante d’un trafic de chiens venus des pays de l’Est. Elle acquiert rapidement autorité et respect dans ce milieu d’hommes et gagne l’argent qui manque à sa liberté. Mais parfois les bons soldats cessent d’obéir.

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Film Je suis un soldat torrent



Bon ok je ne suis pas très objectif, car il y a Louise Bourgoin. Et je trouve que cette actrice n'a pas eu tout à fait la carrière qu'elle aurait mérité. Je vais vraiment me faire moquer, mais la photogénie de cette actrice fait que si elle avait trouvé son Antonioni ou son Blake Edwards, elle aurait pu être une Monica Vitti ou une Audrey Hepburn.

Et j'ai choisi le film juste car elle est dedans, mais au fonds, j'ai apprécié l'oeuvre pour ce qu'elle propose. C'est du film social attendu, convenu diront certains. Moi j'aime bien qu'on montre le déterminisme social, ça ne me dérange pas.

Le sujet tourne autour d'un trafic de chien dans la banlieue de Tourcoing. Bien, maintenant qu'il ne reste que les lecteurs que cette phrase n'a pas fait fuir, voyons de quoi il retourne. Le film donne une image brut des élevages de chien : on ne nourrit pas plus qu'il ne faut les bêtes, on trafique des certificats de vaccination qui obligent à vendre les bêtes avant qu'elles ne tombent malades, on évacue ceux qui meurent, on les retourne comme des objets, on froisse du cash, on s'impose face à d'autres acheteurs... A cette violence répond la violence sociale de ces gens qui luttent pour se maintenir au-dessus de l'eau, comme la mère qui lorgne des chaussures mais attend les soldes pour se les payer. Et les faux-semblants pour faire oublier des métiers où l'on passe parfois de sales journées.

La mise en scène est ce qu'on peut en attendre : couleurs désaturées, intérieurs donnant une impression de garni, jardins ouvriers, parkings de station service, dessous de bretelle d'autoroute, et évidemment le décor du chenil. A cette veine réaliste se surimpose une symbolique parfois un peu appuyée, comme le rêve de Sandrine pendant sa perte de conscience, sur fond rouge. Les dialogues sont brefs et fonctionnent bien car ils reposent beaucoup sur le non-dit.

Les acteurs sont bons : la mère, qui triche aux cartes. l'oncle Henri, éleveur de chien bourru, joué par Anglade. Le beau-frère, Tony, qui bosse sur des chantiers et se sent piégé. Les différents seconds rôles. Les situations sont bien croquées.

Il y a quand même quelques tentatives de dramatisation un peu maladroites. Le plan sur Louise qui chante "Je suis un soldat" en playback est trop long et appuyé, de même que la scène où elle excite les chiens, qui aurait mérité un découpage plus dynamique, moins plat.

Bon et pour le coup, la silhouette de Louise Bourgoin disparaît sous les blouses de travail et les pulls de laine écrue, c'est sans doute son film le moins sexy et drôle, à une scène près sur la fin. Le film utilise un peu son actrice pour fournir un dénouement qui ne soit pas complétement sombre, mais on sent que ce n'était pas l'intention de départ.

Curieux film que ce Je suis un soldat (au titre assez inepte). On trouve une veine sociale qui me parle beaucoup, mais avec des tentatives d'adoucir sur la fin. J'aime beaucoup la simplicité et la fraîcheur du propos, et je pardonne les quelques maladresses qui déplairont à d'aucuns. C'est une de ces productions ni fauchée ni riche qui s'en sort en développant son atmosphère. Accordons à ce genre de film le bénéfice du doute, il en faudrait plus, de ce genre de production qui peut sembler un peu convenue mais qui n'est pas du cinéma formaté.

Synopsis : Sandrine est au chômage et retourne dans sa famille dans le Nord, où c'est la galère. Elle aide son oncle au chenil, et découvre des arrangements pour donner de faux certificats à des chiens qui viennent d'Europe de l'est. Elle s'endurcit et apprend à naviguer dans ce milieu dur où l'on travaille sans filet.

Elle combine même pour récupérer et fourguer des chiens qui devraient être abattus, mais Henri, qui se relâche un peu sur elle, lui confie un achat sous un pont autoroutier avec un fournisseur tchèque. ça tourne mal : descente de police. Sandrine en veut à Henri, qui répond par la violence. La confiance est rompue mais Henri manoeuvre pour garder sa nièce sous sa coupe. Sous pression, Sandrine excite les chiens et une cage reste ouverte : un chien d'attaque ravage le dos de Sandrine. Henri, rongé par le remords, se présente au commissariat pour dénoncer le trafic, mais perd sa source de revenu. Sandrine part voir le jeune vétérinaire qui fournissait les faux certificats. Ils ont une liaison. Elle part nager dans la mer pour se calmer.