Le Sanctuaire - Film (2016)
Le Sanctuaire - Film (2016)

Film de Corin Hardy Épouvante-Horreur 1 h 37 min 13 novembre 2015

Envoyé en Irlande par son entreprise afin d’élaborer un nouveau projet de recherche, Adam Hitchens s’installe, avec sa femme Clare et leur bébé, en plein cœur d’une forêt mystérieusement épargnée par le déboisement industriel. Mis en garde par les habitants du village voisin contre une terrifiante menace qui pèse sur leur fils, le couple fait d’abord preuve de scepticisme, avant de réaliser qu’ils seront seuls à lutter contre les gardiens de ce « sanctuaire »….

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Film Le Sanctuaire torrent



Un bon film de genre repose sur un certains nombre de passages obligés, que beaucoup de réalisateurs confondent malheureusement avec un balisage malvenu. On retrouve donc aujourd'hui une flopée de film d'horreur / épouvante sans tension ou crédibilité, à force de vouloir innover sur tous les tableaux. Bien sur tous ne sont pas mauvais, mais disons simplement que le niveau global a sensiblement baissé depuis la fin des 80's, percutées de plein fouet par les maîtres du genre gavés de références Hitchcockiennes. Retrouver donc au fil d'un festival un film qui ENFIN réintègre quelques ficelles efficaces avec parcimonie me fait chaud au coeur, et si en plus le résultat est de très bonne facture, alors là...

The Hallow est avant tout le résultat d'une longue gestation, comme l'a expliqué Corin Hardy après la séance. Huit années à peaufiner l'ambiance, le script et les effets spéciaux ça se ressent forcément sur le résultat final. Et Dieu que c'est bon ! Corin Hardy renoue en effet et ENFIN avec ces auteurs qui ont la décence de ne pas prendre leurs spectateurs pour des abrutis finis. Basé sur le livre des Invasions (https://en.wikipedia.org/wiki/Irish_mythology) ainsi que sur nos peurs modernes d'une menace biologique, (Cordycep) l'auteur surfe habilement avec les angoisses du spectateur tout en évitant les affres d'une justification malhabile et permanente. Je reproche en effet à de nombreux films contemporains de justifier en permanence une trame bancale, à défaut de la travailler suffisamment pour la rendre digeste. La fluidité de cette histoire est donc autant rafraîchissante que bienvenue à ce niveau.

Concernant la réalisation, je dois admettre que j'en ai également pris plein les yeux. Le manque de moyens ne se fait jamais sentir, et les enfants réalisés en animatronics autant que les effets spéciaux numériques sont particulièrement réussis, à commencer par les monstres eux-mêmes. À noter le travail assez impressionnant des équipes techniques concernant le vieillissement des bébés sur les différentes phases de shooting, les obligeant à anticiper le vieillissement des deux jumeaux originaux en animatronic. La lumière est toujours bien gérée, à la fois sombre et crade quand il le faut. La photographie, elle, est toujours à la recherche des petits coins sombres propices à vous faire freiner sur la moquette lorsqu'un des personnage s'avance un peu trop loin. Le bruitages discrets ainsi que les cris des monstres viennent également ajouter la cerise sur le gâteau: l'ambiance est particulièrement bonne elle aussi. Mais même si cette réussite technique est notoire, le meilleur reste sans hésitation dans l'efficacité de la mise en scène. Corin Hardy découpe en effet le film en deux parties distinctes et dotées d'une personnalité forte:

The Hallow est donc en quelque sorte l'exact opposé de Honney Moon, présenté l'année dernière dans le même festival. (FEFFS) Honeymoon partait sur un script similaire, avec comme light motive une écriture sobre, une ambiance très sombre et une caméra proche des acteurs pour assurer le show. Le problème est que l'histoire était trop peu étayée et l'ambiance assez bâclée. La tension ne prenait jamais vraiment malgré quelques jump scares placés un peu en désespoir de cause. Tout tournait donc rapidement autour d'une histoire d'amour boiteuse et de la jolie frimousse de Rose Leslie. Un peu léger pour relever le niveau. Ici c'est précisément l'inverse. L'histoire est efficace et les effets d'ambiance dispersés assez généreusement. On a donc constamment l'impression que Corin cherche à distraire plutôt qu'à vendre une histoire, ce qui est en ce qui me concerne le principal vecteur d'intérêt d'un film de genre. Mettre constamment le doigt sur une histoire alambiquée est aussi stupide que d'essayer d'instaurer de la terreur avec un monstre en animatronic dégueulasse ou encore d'essayer de boucher les trous d'une histoire trop succincte en collant les acteurs les uns sur les autres. Une ambiance réussie tient souvent à de la sobriété plus qu'à de l'ingéniosité, ce qui est le cas ici encore une fois; et le réalisateur reste sur les effets qui marchent sans pour autant chercher à innover ou à prendre des risques... Et ça marche. Dans le détail, la première partie met rapidement l'histoire en place (sans détours et sans vaseline) tout en présentant l'aspect surnaturel avec méthode. La seconde dévie avec classe sur un thriller plus psychologique avant de revenir sur un final généreusement fantastique. Chaque segment a donc son intérêt intrinsèque, permettant une variation des thématiques sympa sans pour autant altérer le rythme du film. J'A-DORE-ÇA. Car la réalisation est méthodique autant que généreuse. Les effets d'ambiance tels que les jump scares, les variations de lumières ou les plans de caméras travaillés se succèdent sans fausse note, assurant un spectacle immersif et nerveux.

On peut donc reprocher à The Hallow un certain classicisme et il est assumé par le réalisateur. Je n'ai rien à y redire parce que le divertissement est de très bonne qualité. Corin Hardy ne cherche pas à innover et on peut donc de ce fait regretter qu'une touche plus personnelle ne vienne pas relever encore un peu le film. Mais ça marche et c'est tout ce qui compte. Alors quand j'entend certains commentaires en fin de film qui essaient d'intellectualiser le scénario à tout prix, je ne peux que sourire. Ça montre à quel point un avis est subjectif et surtout la difficulté d'appréhender avec justesse la vision d'une oeuvre artistique. J'y vois un divertissement assez typé et agréable là où d'autres voient une critique potentielle de la déforestation, et donc un manque flagrant d'inspiration. Pourtant le plus important en ce qui me concerne restera toujours le plaisir ressenti pendant le visionnage de The Hallow: des frissons, une efficacité presque germanique et une vision respectueuse du spectateur. Donc pour tout ça: Merci Monsieur Hardy.