Good Time - Film (2017)

Film de Joshua Safdie et Benny Safdie Policier, drame et thriller 1 h 41 min 11 août 2017
Un braquage qui tourne mal… Connie réussit à s'enfuir mais son frère Nick est arrêté. Alors que Connie tente de réunir la caution pour libérer son frère, une autre option s'offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline.
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Film Good Time torrent
Entre speed et spleen, Good Time est une virée hypnotique dans les ruelles cradingues d’une Amérique lacérée qui survit. Odyssée ténébreuse, influencée par les films américains indépendants des années 1970, qui voit Robert Pattinson confirmer un talent démentiel. Good Time est une œuvre qui se trouve dans la droite lignée des précédents films des frères Safdie avec ce cinéma indépendant viscéral, DIY, à l’image de ce que peut produire d’autres comparses comme Harmony Korine.
Caméra tremblante et proche du visage, récit quasiment pas romancé accentuant de ce fait l’aspect documentariste de la fiction, thématique des quartiers pauvres et invisibles de la grande mégalopole qu’est New York, Good Time est un vrai film des frères Safdie. Mais alors que Made Love in New York et The pleasure of being robbed s’apparentaient à des balades lancinantes et ténébreuses qui déambulaient dans les squats crasseux de la ville, Good Time se dote d’une urgence qui convainc encore mieux à l’incarnation visuelle des cinéastes. De ce récit, qui parfois s’embourbe de lui-même malgré sa force émotionnelle, les frères Safdie en font une virée nocturne trépidante.
Good Time n’est qu’une suite d’obstacles. Dès les premières images, durant une séance de thérapie, ce premier dialogue entre un autiste et un médecin, la barrière du langage se fait cruelle. Puis, l’irruption du frère du malade se fait vindicative et le film amorce sa descente aux enfers. Alors qu’il pense pouvoir donner des ailes et permettre à son frère de retirer les chaines que la société lui renvoie, il est au contraire, un oiseau de mauvais augures. Dès les secondes qui suivent le braquage, on sent que ça mal finir. Que ça pue la soirée de merde. Voir que ça suinte le calvaire à kilomètres. Et on ne se trompe pas, on sait comment ça va se finir.
Mais la finalité n’est pas le plus important dans Good Time, car la cavalcade, cette course contre la montre est fascinante autant par sa puissance cryptique où les réalisateurs font jouer leur science du montage et de l’image hallucinogène aux néons fluorescents que par leur iconisation descriptive et poisseuse d’une Amérique jonchée de loosers qui se détruisent eux-mêmes à petits feux, à coups de bitures à l’acide ou de coups de poings qui fait gicler le sang sur les murs. Il s'agit de désespoir, de lutter pour obtenir et peut-être même de signaler comment, en Amérique, la violence semble être l'option sûre pour ceux qui recherchent un rapide changement de vie, surtout, que les frères Safdie ont un vrai talent pour soigner leur scène de course poursuite comme en témoigne celle que l’on entraperçoit à travers le haut d’un balcon.
Good Time est un cri de rage, une maitrise d’un cinéma proche de l’artisanat, un cinéma du mouvement à l’image du personnage principal qu’est Robert Pattinson (Connie), qui ne sait pas rester en place, pour pouvoir faire sortir son frère de la taule ou de l’hôpital dans lequel il est incarcéré. Allant de mésaventures en mésaventures, petits braqueurs à la sauvette, qui croit décrocher des bons plans alors qu’il n’est qu’un saltimbanques, un petit fils médiocre et un frère aveugle, le personnage fait vivre une réelle empathie pour lui car on sent vivre en lui un amour véritable pour son frère. Même si les frères Coen aiment aussi filmer ces loosers empathiques, il existe une réelle différence de point de vue entre les deux fratries.
Pendant que les premiers alimentent leur récit d’une ironie noire parfois drolatique, les frères Safdie, eux, éclipsent toute tentative de second degré, et filme avec transparence une certaine idée de la désillusion, d’un pathétisme rampant aussi anxiogène qu’humain de ces vampires. Un criminel auquel on s’identifie, qui ne brandit jamais d’arme, même s’il use parfois de la violence. Un animal à l’instinct primitif comme il le dit lui-même : il pense qu’il était un chien lors d’une vie antérieure. Connie entreprend une mission qui devient de plus en plus désespérée et irrationnelle plus il se déplace dans la nuit.
Une grande partie du film est tiré en gros plan par le réalisateur de photographie Sean Price Williams. C'est un motif intéressant qui souligne l'idée que Connie étouffe les contacts humains qu'il n'a vraiment pas le temps de clôturer à l’image de l'un des derniers plans sur le regard enfoncé de Robert Pattinson qui est fascinant dans sa subtilité tranquille, de la même manière qu’on semble voir un homme qui descend lentement dans l'obscurité, dans une paisible chute.