Shadow Tactics : Blades of the Shogun (2016) - Jeu vidéo
Shadow Tactics : Blades of the Shogun (2016)  - Jeu vidéo

Jeu vidéo de Mimimi Productions et Daedalic Entertainment PC, PlayStation 4, Xbox One et 2 autres Infiltration, tactique et stratégie temps réel 6 décembre 2016

Prenant place en 1615, ce titre isométrique façon Commandos se déroule à l'époque des ninjas et des samouraïs. Le joueur progressera en alternant en temps réel entre cinq personnages jouables aux capacités propres, entre assassinat, espionnage et sabotage.

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Jeux Shadow Tactics : Blades of the Shogun (2016) torrent



Étant plus un bébé consoleux tourné vers le Versus Fighting, la plate-forme et le RPG, les jeux « Commando » n’ont jamais vraiment fait partie de mon environnement de joueur. Ayant néanmoins lu des critiques plutôt favorables et attiré par le contexte géographique et historique du titre, je me suis lancé il y a quelques semaines dans l’aventure de Shadow Tactics : Blades of the Shogun.

L’intrigue se situe historiquement dans l’ère japonaise dite « Edo », grossièrement située entre le XVIIème et le XIXème siècle, et plus spécifiquement durant la période de gouvernance du Shogun, personnage central de cette époque qui avait tenté d’unifier le Japon et de mettre fin aux conflits entre les seigneurs de guerre. Si un spécialiste de l’histoire japonaise lit ce texte, j’espère ne pas me retrouver avec des insultes dans les commentaires, j’ai fait simple et très résumé.

Jeu « Commando » oblige, vous allez incarner durant cette aventure et les 13 missions qui la composent une bande de joyeux drilles spécialisés dans l’infiltration et la propagation de la mort, majoritairement silencieuse. Menés par Mugen le samouraï obéissant directement aux ordres du Shogun, vos cinq combattants bénéficieront chacun de compétences et de qualités propres, du ninja combattant un peu polyvalent et capable d’attaquer à distance avec son shuriken, à la combattante capable de se déguiser pour passer sous le nez des adversaires, sans oublier l’inévitable tireur d’élite capable d’occire à distance un garde mal placé, mais à la mobilité réduite. Bon, finalement, la seule que je n’ai pas mentionnée est la jeune combattante qui apprend le métier sur le tas, et qui pourra attirer les gardes dans des pièges mortels.

En tout cas, il faut reconnaître à ST le mérite de nous fournir des personnages assez divers dans leur approche, bien entendu complémentaires dans leurs compétences (le mode « Ombre » vous permettra de planifier une action par personnage, l’ensemble de ces actions pouvant être mis en œuvre de manière synchronisée pour des résultats souvent efficaces, en tout cas plutôt classe), mais surtout étonnement attachants. Si l’histoire n’est sans doute par l’attente n°1 pour ce genre de jeu, elle est pour Shadow Tactics un atout de poids, avec une équipe qui discute entre elle, des personnages qui disposent de leur propre personnalité, un contexte historique assez riche et assez bien retranscrit, et – au final – un groupe auquel on s’attache.

Mais cette qualité du jeu ne serait rien dans le nerf de la guerre : le gameplay et le level design. Sur ces deux points, les développeurs ont mené un travail de qualité. Les niveaux, que j’ai trouvé personnellement assez longs et riches, sont très bien construits, et permettent des approches de résolution très différentes selon les choix que vous ferez. Plusieurs d’entre eux, d’ailleurs, peuvent se finir de différentes façon : un personnage clé de l’intrigue pourra, par exemple, être tué par les armes, à distance ou par empoisonnement d’une boisson. De même, plusieurs chemins mènent à la fin de chaque niveau ; les plus discrets d’entre vous pourront ainsi se faufiler en toute discrétion entre les gardes et les plus méthodiques pourront « nettoyer » le chemin de l’équipe de tous les ennemis présents.

J’avoue pour ma part faire plutôt partie de la 2ème école. Moins y’a de monde sur mon chemin, plus je suis rassuré. J’avance du coup avec beaucoup de prudence, éliminant les gardes les uns après les autres. Autant dire que s’il y avait eu des fins différentes en fonction des meurtres perpétrés (surement l’effet « Undertale » encore présent dans mon esprit), j’aurais eu la fin « Génocide ».

Ce level design et le gameplay général du titre sont par ailleurs servis par une interface et une maniabilité bien pensées et calibrées. Même si je pense que ce type de jeu est avant tout programmé pour être joué sur PC, la transition vers la PS4 se fait avec réussite. Le mapping des actions sur le pad est bien pensé et, même si le jeu demande un peu de travail pour se laisser complètement dompter dans les premières dizaines de minutes, tout répond ensuite au doigt et à l’œil.

Mon seul reproche sur ce volet concernera le suivi de nos personnages par la caméra qui, d’une simple action de notre part sur le stick analogique droit, passera en mode manuel, mais qui tarde par moment à repasser en automatique lorsque notre personnage approche des bords de l’écran. Mais je pense que cet aspect relève plus d’une sensibilité personnelle que d’une véritable problématique du jeu.

Shadow Tactics est un jeu que je trouve baigné par l’élégance. L’élégance de la période qu’il décrit brièvement, avec les samouraïs et leur légendaire quête de l’honneur, mais également l’élégance de son contenu, qui conviendra aussi bien aux One-Runner comme moi qui n’ont de plaisir que dans la découverte du jeu, mais également aux plus obstinés, grâce aux différents objectifs optionnels de chaque mission (tuer certains personnages d’une certaine façon, ne pas tuer de gardes, …).

Même en cherchant, j’ai peu de choses à reprocher à ce titre que je trouve bien travaillé et bien fini, agréable à jouer mais néanmoins exigeant et nécessitant une véritable approche méthodologique et analytique des différents niveaux.

Mes deux observations complémentaires ne seront pas des reproches envers le jeu mais plutôt quelques éléments de réflexion au regard de la construction de ce jeu. Le premier concerne le Quick Save, qui est un élément qu’on retrouve aujourd’hui dans énormément de titres. C’est vrai que c’est pratique et rassurant. Mais dans les faits, on se retrouve rapidement à effectuer un QS dès qu’on passe un ennemi. Dès qu’on se fait repérer, on recharge. Pire, au bout d’un moment, le QS devient un outil d’essai des tactiques dans les différents tableaux du jeu. Un passage a l’air hasardeux ? C’est pas grave ! On essaie et si ça marche pas, de toute façon, on reviendra à l’étape précédente.

Du coup, l’avancée dans les niveaux devient plus une démarche itérative que véritablement gouvernée par une analyse globale, la faute à un outil devenu aujourd’hui ordinaire dans ce type de production, mais qui segmente un peu trop le jeu, voire déresponsabilise le joueur.

Par ailleurs, je me suis fait la remarque durant le jeu que le genre « Commando » s’apparentait plus à un Puzzle Game qu’autre chose. Les niveaux sont construits de telle façon qu’aucun ennemi n’est invincible. Tous les ennemis peuvent être abattus d’une façon ou d’une autre, pour peu qu’on trouve le bon angle et le bon personnage. Du coup, notre progression dépend grandement de notre capacité à déceler l’ordre dans lequel un nombre limité d’actions doit être effectué, plus que sur notre dextérité à les effectuer. Comme lorsqu’on cherche à résoudre un casse-tête.

Ces deux observations combinées ne visent pas à minimiser les qualités de ce titre. Juste à expliquer que la démarche du jeu, aussi élégante soit elle, peut néanmoins se limiter pour quelques joueurs à une simple approche analytique, peut être dépourvue des sensations qu’on pourrait attendre de ce type de jeu.

En ce qui me concerne, Shadow Tactics aura été un jeu agréable, élégant (vous l’avez compris), demandant un peu de discernement et de patience. Un vrai bon jeu, travaillé et construit avec qualité et exigence, auquel il ne manquait plus qu’une petite étincelle pour atteindre des notes plus élevées.