Les Chemins de la philosophie - Émission Web (2005)
Les Chemins de la philosophie - Émission Web (2005)

Émission Web de Adèle Van Reeth (en cours) France Culture 58 min 29 août 2005

La philosophie est bien plus qu'une discipline. Son but est de transformer la connaissance en art de vivre en considérant comme digne d'intérêt et de réflexion l'existence dans tous ses recoins.

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Le vide, c'est d'abord cette vacuité qui s'immisce de plus en plus dans les thématiques proposées (pas forcément celle de leur traitement), choix conscient qui s'accorde parfaitement avec le nivellement par le bas et l'abrutissement généralisés : on continue certes à planer à des hauteurs intellectuelles insoupçonnées sur RMC, mais on perd régulièrement un peu d'altitude...

La semaine du 7 septembre 2020, on s'est par exemple interrogé : Faut-il dire à son meilleur ami la veille de son mariage [sic : sans ponctuation] que sa femme [sic : pas encore mariée, mais déjà épouse] le trompe ?

Que vient faire un tel sujet* – un tel racolage – dans Les Chemins de la philosophie ?!

Réponse programmatique en forme de tour de passe-passe sur le site de l'émission, afin de justifier le sabordement et la capitulation : « La philosophie est bien plus qu'une discipline. Son but est de transformer la connaissance en art de vivre en considérant comme digne d'intérêt et de réflexion l'existence dans tous ses recoins. »...

Ratisser large, donc, sinon.. c'est-chiant (comme on aime tant à dire sur Sens Critique).

En outre, pas question d'apprendre quoi que ce soit, bien entendu : la philosophie « vise à transmettre le goût pour les questions** plus qu'à délivrer une connaissance. » On croirait lire une circulaire de l'Éducation Nationale (dont la capacité à former des individus rigoureux et doués de raison n'est plus à démontrer).

Ainsi, l'animatrice Adèle Van Reeth (AVR) a les coudées franches pour inviter n'importe qui afin de parler de n'importe quoi. Au rythme où vont les choses, elle sera bientôt face à Stéphane Collaro qui nous éclairera quant à l'assertion de Rabelais selon qui le rire est le propre de l'Homme...

Aussi, par contrecoup, le vide pourrait bien être celui créé dans l'audience, parmi ceux qui, comme moi, regrettent cette retape, cet évitement de l'effort... Je plaisante. C'est l'inverse qui se produit : France Culture cartonne, notamment grâce à ces Chemins de la philosophie transformés en boulevards attirant toujours plus de clients à mesure que la philosophie s'ouvre à la trivialité (de la même manière que le quotidien, le grossier, voire le vulgaire, se sont emparé de l'espace public).

D'ailleurs, fin novembre 2019, Sandrine Treiner, la patronne de France Culture n'était-elle pas invitée sur le plateau de Quotidien, avec autour d'elle, hormis AVR, la tout aussi pénible Olivia Gesbert (dont la voix et la diction sont capables de transformer en loukoums les sujets les plus acides). Un adoubement...

Tout aussi pénible, dis-je, car ADR l'est devenue, pénible. Sa médiatisation lui a donné le melon. Sa réserve et sa candeur des débuts – candeur, au sens de naïveté feinte ; celle de l'animateur qui se met à la place de l'auditeur désireux d'apprendre – a laissé place à une pose, un empressement, une morgue...

La volubilité d'ADR s'exprime surtout en présence de ses invitées (avec un E, oui), qu'elle semble considérer comme des rivales. ADR sonne alors comme une de ces innombrables pisseuses à qui l'on tend aujourd'hui un micro : peu d'égard pour l'autre ; Moi-Je cause et c'est cela qui compte. (tant pis pour pour les personnes âgées et/ou les durs de la feuille qui affectionnent les propos clairs du monde d'avant...)

Pourquoi « rivales » ?

ADR se croit philosophe. Il faut entendre sa réaction – son ahurissement – quand Elisabeth de Fontenay réfuta ce titre : parce qu'Aristote, parce que Leibniz (je crois que ce furent ces deux noms que la copine de Finkielkraut cita en exemple pour justifier son modeste refus).

Est-ce que cette humilité de la presque nonagénaire incita ADR à prendre de la graine (elle qui quelques mois avant, dans une interview désolante du doux Badiou sur le thème de la révolte, ressemblait à une poule découvrant un ver) ?

La révolte, ADR ne risque pas de la fomenter, elle qui se goinfre avec bonheur dans les gamelles du divertissement et du pouvoir médiatique.

Et ce n'est pas le domaine qu'elle a investi qui risque de la faire redescendre du 7e ciel. Car ADR, toute honte bue, s'est opportunément propulsée spécialiste de … la jouissance. En ces temps où le spirituel et le divin finissent de disparaître sous le GODemichet, quel courage !

Je lui conseille même, afin de parfaire sa carrière et de trouver une chaire (pas triste) dans notre si belle Université, de ne pas ménager ses efforts pour faire de cette jouissance une discipline à part entière :

-- T'as quoi comme cours ce matin ?

-- D'abord, j'ai amphi de manga, et après TD de jouissance.

-- Cool...

Je n'aime donc plus beaucoup cette gentille fille devenue pimbêche et suis toujours content d'entendre Géraldine Mosna-Savoye la remplacer de temps à autre au micro de France Culture : pour y retrouver le professionnalisme de la fausse ingénue plutôt que la faconde froide et mécanique de la sachante.

« Cet extrait est génial ! » (Adèle Van Reeth venant de citer Bertrand Russell)

* Sujet traité tous azimuts et pied au plancher par Monique Canto-Sperber. Convocation de Sénèque, Kant, Molière, Proust, Aragon, Guy Bedos... Déroutant gloubi-boulga devenu de plus en plus la recette d'une émission dont les extraits de films et la plage musicale finale sont un habillage bien putassier. Un dialogue entre Serrault (patient) et Galabru (médecin) pour illustrer un sujet sur la vieillesse, quoi de plus philosophique ? ... Quoi de mieux que de clore une émission sur le courage par L'Aventurier du si profond groupe Indochine ?! ...

** Le 18 septembre 2020, une jeunette (Jeanne Burgart Goutal) invitée dans le cadre de la série Profession philosophe -- pas besoin d'avoir vécu pour acquérir une légitimité : l'agrégation sert de passeport -- déclare : "Ce que j'ai envie de transmettre, c'est plus des questionnements que des convictions". Les élèves du lycée St Charles (Marseille) peuvent être tranquilles : non seulement leur "professeure" a la même élocution convulsive et le même bagage ("en fait... hyper... voilà... en fait... trucs... en fait... cul... en fait... voilà"), mais ils pourront, avec elle, mijoter dans la tiédeur...